Une mémoire de fourmis

Nous aurions un cerveau supérieur? C’est l’histoire que nous aimons nous raconter car le cerveau de certains animaux minuscules présentent des similitudes avec le nôtre. Les insectes nous rappellent une fois de plus que l’intelligence est une des qualités les mieux partagées sur cette planète.

On vient de découvrir que les fourmis des bois (Formica rufa) utilisent ce que l’on nomme la latéralisation neurale. Elles stockent les souvenirs à court terme dans un hémisphère de leur cerveau et ceux à long terme dans l’autre. Nous pensions être les seuls à concentrer notre mémoire spatiale et musicale dans l’hémisphère droit de notre cerveau et le langage dans notre hémisphère gauche. Pourtant, ce serait le même processus pour la fourmis des bois, au grand étonnement des scientifiques de l’université de Sussex qui ont publié leurs travaux dans la revue PNAS. Ce serait selon eux “la première démonstration de formation de mémoire visuelle latéralisée chez un insecte”.

Déjà, d’autres travaux sur la mémoire olfactive des abeilles démontrent qu’elles utilisent aussi leurs deux hémisphères.

Par ailleurs, une autre étude publiée dans Current Biology sur les fourmis du désert prouvent qu’elles se souviennent de longs itinéraires complexes au sein d’environnements hostiles. Elles sont même capables de changer leur route pour éviter les pièges qu’elles connaissent. Elles se font avoir une fois, mais pas deux !  Encore une caractéristique des animaux à découvrir…

Et pour en savoir plus sur la mémoire incroyable des pigeons qui parviennent toujours – ou presque – à retrouver leur chemin, rendez-vous à l’Université d’été de l’animal pour écouter Didier Lapostre.