Que pensent les dindes de Noël ?

Drôle de question posée il y a plus d’un siècle par le mathématicien et philosophe anglais Arthur William Russel. Fabienne Delfour y répond en faisant un point sur les dernières connaissances qui définissent notre relation complexe à l’animal. Ethologue à l’université Paris 13, elle prône l’éthologie constructiviste qui considère l’animal à la première personne.
Son lire est truffé d’informations sur les émotions, la communication, les talents des animaux. Quelques exemples…

Les cochons sont droitiers ou gauchers : en 2017 des scientifiques allemands ont constaté que leur queue tire-bouchonnent soit à droite, soit à gauche et qu’en conséquence, ils n’utilisent pas leur groin de la même manière.

Les animaux se soignent grâce aux plantes : éléphants, rhinocéros, moutons, chiens, perroquets et bien d’autres pratiquent l’automédication, un secteur d’étude qui nous inspire des médicaments et que l’on appelle la « zoopharmacognosie ».
Ainsi, des moineaux, singe capucins, ours bruns et autres animaux placent des feuilles de plantes aux vertus anti-parasitaires dans leur nid ou leur tanière pour éviter les maladies.
Des fourmis et des abeilles incorporent dans leur résidence des morceaux de résine de conifères dotés de qualités antifongiques et anti-bactériennes.
Encore plus fort : en 2013, des chercheurs français ont démontré qu’une femelle de papillon monarque contaminée par un parasite a pondu ses œufs sur des plantes qui éradiquent ce parasite. Ce serait le premier cas décris d’automédication transgénérationnelle !
Que pensent les dindes de Noël ?  Oser se mettre à la place de l’animal, Fabienne Delfour, Tana éditions.