Prendre conscience du génie de la nature

Le kiwi, espèce menacée d'extinction, est le symbole de la Nouvelle-Zélande.

Le collectif de photographes Géniale nature investit le Muséum d’histoire naturelle du Havre pour célébrer la vie animale sous toutes ses formes. Les images sensationnelles invitent à découvrir, comprendre et s’accorder sur l’imagination et l’intelligence du vivant. En filigrane un plaidoyer pour inventer des relations symbiotiques avec la nature.

De sublimes photos pour faire découvrir l’intelligence animale sous toutes ses formes

L’exposition le génie de la nature qui se tient au Havre jusqu’au 10 mars 2019 est un voyage plein de surprises au cœur d’une source infinie d’inspiration : notre incroyable nature !

Du bio-mimétisme aux interactions entre les espèces, des modèles familiaux aux modes subtils de communication, l’exposition invite à découvrir des espèces étonnantes dont on parle rarement et des aspects méconnus d’espèces plus médiatisées. 

Une exposition axée sur la pédagogie

« L’objectif est de proposer au public une nouvelle approche de la nature, des innovations qu’elle inspire aux chercheurs et des enjeux de sa préservation. Le visiteur est invité à observer les animaux évoluer, coopérer, s’entraider, interagir, communiquer, s’adapter, utiliser des outils, se transmettre des savoirs et même une culture…. L’idée est que chacun d’entre nous quitte le Muséum d’Histoire Naturelle du Havre avec une plus grande conscience de la nature qui l’entoure, et le désir de la protéger. » explique Sandrine Dunoyer, adjointe au maire en charge de la culture et des relations internationales.

Cette intelligence à l’œuvre dans la nature doit nous inspirer

L’enthousiasme des deux commissaires de l’exposition est perceptible dans la scénographie. Christine Denis-Huot et Sabine Bernert nous rappellent combien les inventions de la nature sont efficaces : « testées sur le terrain depuis des millions d’années, elles sont une source inépuisable de connaissances pour améliorer de façon durable nos moyens de transport, nos habitations, notre médecine, notre technologie… ». 

Comprendre pour protéger : la bataille n’est pas perdue !

La photo d’un caméléon de Madagascar ouvre le bal, suivie de celle d’un pangolin tout d’écailles vêtu. Ici, le travail de Maria Diekmann qui œuvre en Namibie est signalé car l’exposition souhaite mettre en avant les acteurs de terrain, scientifiques et protecteurs. Comme ce maori taillé comme un joueur de rugby all black qui tient au creux de son bras tatoué un kiwi, espèce menacée d’extinction, symbole de la Nouvelle-Zélande. 

Fabrice Guérin nous fait partager ses plus belles rencontres sous-marines, « Des images qui témoignent, à ma façon, de la beauté qui règne sur cette planète. Ce qui est certain c’est qu’elles vous montrent que rien n’est encore perdu et qu’il faut absolument préserver cette nature pour les générations à venir. » Cette attitude positive parcoure l’exposition. Non, la bataille n’est pas perdue.

Des formes d’intelligences diverses, encore méconnues et sous-estimées

Le message délivré est didactique : « Comme nous, les animaux et les plantes sont intelligents – tout n’est qu’affaire de formes d’intelligence. Quand les grands singes ou les perroquets manient des concepts, élaborent un raisonnement pour résoudre un problème, on parle d’intelligence cognitive. Quand les fourmis ou les abeilles s’associent pour vivre, on parle d’intelligence collective. Lorsque les éléphants ressentent et partagent des sentiments, ont conscience d’eux-mêmes et des autres, on parle d’intelligence émotionnelle. En matière d’intelligence, la dimension sociale est aussi importante que la capacité d’abstraction. Certains transmettent un savoir-faire (une technique de chasse innovante, l’utilisation d’un outil) à leur groupe ou à leur descendance. Ce savoir se transmet de génération en génération, et on parle alors d’apprentissage culturel. D’autres, comme ce weka de Nouvelle-Zélande, sont passés maîtres dans l’art de l’adaptation. Toutes ces formes d’intelligence font appel à la créativité, à l’innovation et à la patience et sont reliées par cette racine commune : l’adaptation. Comme nous, les autres espèces d’animaux et les plantes les combinent pour faire face à un défi, venir à bout d’un obstacle et survivre. Comme le résume Gilles Bœuf [Ndlr : biologiste et ancien directeur du Muséum national d’histoire naturelle], il est grand temps d’abandonner notre attitude dominatrice pour établir des relations harmonieuses avec eux et mériter la qualité d’Homo sapiens sapiens, le sage, que nous nous sommes octroyée. » 

Des photos, des histoires, des sons… nous sommes invités à emboiter le pas aux passionnés de nature à travers l’œil singulier de photographes d’exception. Vous retrouverez prochainement sur notre site l’Animal et l’Homme des vidéos dans lesquelles Christine Denis-Huot et Sabine Bernert, commissaires de l’exposition, commentent certaines photos présentées.

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