Des oiseaux australiens savent utiliser le feu

Les oiseaux font la guerre du feu !

Le feu fait peur aux animaux ? Certains savent très bien l’utiliser ! Des oiseaux ingénieux s’en servent pour rabattre leurs proies. Ce n’est pas une légende aborigène.

Des incendiaires insoupçonnables

Les bushrangers australiens doivent affronter un adversaire inattendu dans leur lutte contre les incendies : les «firekawks» (littéralement faucons de feu). Lorsque le feu démarre et se propage dans les broussailles de cet immense territoire de 800 000 km2, la cause est soit humaine, soit météorologique. Croyait-on… Car en se basant sur les observations des populations aborigènes, un article publié en décembre dernier dans le journal de l’ethnobiologie révèle le rôle de certains rapaces. Les incendiaires ont pour nom : le milan noir, le milan siffleur et le faucon bérigora. Les Aborigènes les voient depuis la nuit des temps mettre le feu, agissant seuls ou en groupe. Le site Futura Planète rapporte cette stupéfiante information.

Ils relancent des feux éteints ou déplacent des feux

Des centaines d’oiseaux, aussi appelés Karrkanj («faiseur de problèmes») par les Aborigènes, transportent des brindilles enflammées sur des distances courtes pour étendre les zones d’incendie. Les rapaces voleurs de feu récupèrent des bâtons, des herbes dans une végétation en feu, voire dans des feux de cuisine allumés par des humains. Ils s’enfuient avec et les relâchent plus loin, dans des zones intactes.

Le feu ? Un excellent outil dans leur stratégie de chasse !

« Les reptiles, les grenouilles et les insectes sortent du feu, et il y a des oiseaux qui attendent devant, juste au pied du feu, en attendant de les attraper », voilà la finalité de ce qu’il faut bien appeler une stratégie incendiaire. Pour Robert Gosfort, coauteur de l’article, avocat des droits indigènes et ornithologue, les oiseaux ne font pas ça «gratuitement». «Ils ont un objectif. Ils sont en capacité de se dire : si on est une centaine à le faire, on peut avoir à manger » explique-t-il au Washington Post. 

Profiter d’un incendie et le déclencher sont deux choses différentes

L’intelligence de ces oiseaux est indéniable. On pense immédiatement aux chimpanzés qui utilisent des bâtons pour aller chercher du miel. Les rapaces ne sont donc pas seulement opportunistes, ils se servent d’un instrument, ils maîtrisent une technique, ils élaborent une stratégie. Cette découverte vient étayer la théorie de certains ornithologues qui affirment que les oiseaux ont appris à utiliser le feu avant les Hommes. Et si Prométhée avait donné en premier le feu aux oiseaux ? Damned !

Si Hitchcock l’avait su…

Des oiseaux incendiaires, même Hitchcock n’y avait pas songé ! Plus exactement la romancière britannique Daphné du Maurier qui écrivit la nouvelle « Les oiseaux » dont le maître du suspens s’inspira. Imaginez que les oiseaux aux comportements déjà effrayants dans le film fussent armés de brindilles enflammées… 

Le diamant à queue-de-feu relaxé

Ce magnifique passereau était au mauvais endroit au mauvais moment, il est ressorti libre de sa garde à vue. Avec un nom pareil, le diamant à queue-de-feu, petit oiseau endémique du sud-est de l’Australie, semblait être de mèche avec les rapaces incendiaires. Il a été totalement blanchi malgré le rouge profond de son croupion qui lui vaut d’être appelé ainsi.