Martin Stevens : « Les ruses de la nature » 

Coups de bluff, mensonges, déguisements, impostures, les animaux et les végétaux sont prêts à tout pour vivre et assurer leur descendance. Ecologue spécialisée dans ces stratégies comportementales à l’Université d’Exeter (Royaume Uni), Martin Stevens nous conte toutes les découvertes depuis Alfred Wallace sur la mystification, un des moteurs essentiels de l’évolution. Passionnant.

Cette charmante créature sur la couverture du livre « Les ruses de la nature » (éd. Buchet-Chastel) est une baudroie. Pas très jolie mais capable de vivre dans les fonds des océans. On n’y voit pas grand-chose et la nourriture est rare. Comment attirer des poissons ? Elle se sert de sa nageoire dorsale qu’elle transforme en une sorte de canne à pêche avec, à l’extrémité un petit appendice lumineux. Elle l’agite dans tous les sens tout en demeurant immobile pour rester invisible. La première proie qui s’approche « tiens y’a de la lumière, j’peux passer ? » se fait croquer immédiatement. Avec ses grandes dents, ce prédateur redoutable n’en fait qu’une bouchée ! Mais comment crée-t-elle de la lumière ? En ayant passé un pacte avec des millions de bactéries agglutinés sur ce petit appendice. Ils l’éclairent. En échange ils sont au première loge pour manger des nutriments tout en étant en sécurité. Malin !

Papillons adoptant les mêmes couleurs que des insectes toxiques pour se défendre des prédateurs, orchidées diffusant des phéromones d’insectes femelles pour attirer les mâles et se faire polliniser,  araignées se déguisant en fourmis… de multiples exemples nous décrivent les farces et attrapes inventées dans la nature pour survivre.