Les étourneaux, experts en phytothérapie

Les ornithologues observent que l’étourneau sansonnet utilise des herbes aromatiques et médicinales dans la confection de son nid. Des chercheurs viennent de découvrir l’étonnante influence de ces herbes sur le comportement des oiseaux.

Des herbes médicinales dans les nids 

« Les étourneaux sélectionnent des herbes particulières pour la décoration de leurs nids. Curieusement, certaines de ces herbes sont également utilisées en médecine populaire », explique Helga Gwinner, de l’Institut Max Planck d’ornithologie, en Allemagne. Ces passereaux eurasiatiques choisissent en effet très souvent des plantes telles que le sureau noir, le cerfeuil, ou encore la petite angélique pour former le cocon qui abritera leurs œufs. Mais à quelle fin ? 

Une incidence prouvée sur la couvaison des œufs 

Pour percer le mystère les chercheurs ont préparé une quarantaine de nids artificiels contenant pour moitié de banales herbes sèches, et pour moitié les plantes que les oiseaux affectionnent. Ils y ont déposé de véritables œufs d’étourneaux, fraichement pondus et un capteur de chaleur. Le résultat est surprenant. Les œufs ont été mieux couvés dans les nids conçus avec les herbes médicinales car les parents y étaient plus présents. Les températures des œufs sont tombées moins souvent en dessous de seuils critiques. Leur développement s’est effectué plus rapidement, et a permis de donner naissance à des oisillons à la croissance plus active.

Les animaux ont inventé la phytothérapie

Les éthologues s’accordent pour affirmer que les animaux utilisent les plantes pour se soigner. Cette étude mentionnée par News Republic semble démontrer les effets pharmacologiques des herbes médicinales sur les parents étourneaux. Les feuilles de sureau noir sont par exemple très riches en acide cyanhydrique dont la propriété fongicide est connue. Peut-être est-ce pour cette propriété que la plante a été choisie par nos experts en phytothérapie ?

Il reste encore beaucoup à apprendre sur les oiseaux, c’est la raison pour laquelle, Agatha Liévin-Bazin, éthologue spécialisée, sera présente à l’Université d’été de l’animal, le samedi 25 août.