Le réensauvagement, pour un nouveau monde

Vous voulez de bonnes nouvelles ? Intéressez-vous au réensauvagement. Si le mot peut faire peur car il porte la notion de sauvage et de brutalité, le réensauvagement est une des solutions pour construire un nouveau monde qui concilierait notre société humaine avec le respect de la nature.

Naturalistes reconnus et experts de la biodiversité, Gilbert Cochet et Béatrice Kremer-Cochet ont fondé l’association Forêts sauvages et parcourent l’Europe pour étudier les milieux naturels. Ils signent un état des lieux sur les initiatives inspirantes qui ont permis de sauver des animaux en voie d’extinction. Et les nouvelles sont inespérées : bisons, aigles, loups ou esturgeons reviennent !

Le réensauvagement c’est quoi?

C’est laisser respirer la nature, lui accorder quelques terres sans chasse, constructions et autres activités humaines perturbantes. De nombreux exemples ont prouvé leur efficacité : réserves, parcs nationaux, aires protégées, corridors pour laisser circuler les animaux sauvages…

 

La nature fait de la recherche depuis des milliards d’années

« L’Europe réensauvagée, vers un nouveau monde » (Actes sud) démontre qu’il suffit parfois de quelques passionnés pour changer une situation qui semble inextricable. En laissant la nature faire du R&D (recherche et développement) comme elle le fait depuis des millards d’années, nous pouvons « aller vers un monde nouveau qui n’a jamais existé auparavant », un monde fait d’humanisme qui prendrait une autre voie, non plus celle de la compétition avec le vivant mais celle de la collaboration, un monde basé sur des relations entre tous ceux qui habitent cette planète, les humains, les animaux et les végétaux.

 

Aimer autant les humains que les animaux

Une utopie réalisable quand on sait que 5000 bisons sauvages vont bientôt parcourir l’Europe ou qu’en 50 ans le nombre de couples d’aigles royaux a doublé, on en compte aujourd’hui 8000.

Le philosophe Baptiste Morizot préface l’ouvrage et nous met en garde contre la tendance de certains à détester les humains et à leur préférer les animaux car « oui, nous sommes difficiles à aimer mais nous n’avons pas le choix. Car un vivant qui ne s’aime pas ne peut pas aimer le reste du vivant. (..). Il ne s’agit pas d’aimer moins les humains pour aimer plus les animaux, il faut les aimer mieux : pour ce qu’ils sont, et non pour ce qu’ils disent être : des élus qui se seraient élevés au-dessus de leur milieu et des autres créatures, devenues moyen à leur service. »

Le réensauvement est une solution exaltante pour que nous respections le génie de la nature, pour laisser le castor entretenir nos rivières et le vautour jouer son rôle de médecin des milieux qui purifie les charognes et évite la propagation des virus.

 

« L’Europe réensauvagée, vers un nouveau monde », Gilbert Cochet et Béatrice Kremer-Cochet (Actes sud)