Le paradoxe du sommeil de l’otarie !

Le sommeil de tous les mammifères connaît une phase dite paradoxal. C’est le moment du rêve et de la mémorisation des informations. Une étude révèle que l’otarie se distingue curieusement. L’otarie n’a pas cette phase de sommeil paradoxal quand elle dort en mer. Ce qui arrive parfois pendant une dizaine de jours consécutifs. Elle ne paraît pas en être affectée

Qui sont les petits et les gros dormeurs ?

La durée du sommeil varie beaucoup d’un individu à l’autre, d’une espèce à l’autre, d’une saison à l’autre. Le tamia (cousin de la marmotte) passe environ quinze heures par jour les yeux fermés alors que la girafe se contente de quatre à cinq heures. Selon Jérôme Spiegel, chercheur à l’université de Californie « chaque espèce se serait adaptée pour gérer au mieux ses dépenses énergétiques et assurer sa sécurité. Les éléphants dorment à peine plus de trois heures par jour. Les mammifères qui dorment dans une cachette, comme les chauves-souris ou les rongeurs, ont tendance à faire des sommes plus longs et plus profonds que ceux devant rester constamment en alerte. »

Tous les mammifères et les oiseaux dorment de la même façon que les humains

Tous les mammifères dorment de la même façon avec une alternance de phases de sommeil : sommeil léger, sommeil profond et sommeil paradoxal. Le sommeil paradoxal se caractérise par des mouvements oculaires rapides. C’est le moment privilégié durant lequel nous rêvons, et où nous classons les informations de la journée.

En mer, l’otarie ne connaît plus de phase de sommeil paradoxal 

Des chercheurs russes et américains n’enregistrent aucun sommeil paradoxal des jours durant, lorsque ces mammifères aquatiques du nord du Pacifique dorment en mer, nous rapporte Le Figaro. L’explication tient probablement à une singularité de l’otarie. Elle ne dort que d’un hémisphère cérébral à la fois. Se positionnant légèrement sur le côté, sa tête est à moitié immergée avec un œil sous l’eau, ouvert et dirigé vers le bas pour surveiller les prédateurs (orques ou requins) ; le deuxième fermé, est dirigé vers le ciel. Seul l’hémisphère cérébral qui dirige l’œil sous l’eau (hémisphère droit pour l’œil gauche et inversement) reste en activité. Ce n’est que de retour sur terre que l’otarie retrouve des phases de sommeil paradoxal, sans pour cela faire de rattrapage. L’utilité de cette phase apparaît donc relative. Etonnant quand on connaît la valeur que nous, les humains, accordons à ce type de sommeil.

L’hémisphère qui fonctionne suffit à garder le cerveau au chaud 

Au cours des phases de sommeil paradoxal, l’activité électrique du cerveau est proche de celle de l’éveil. C’est là tout le “paradoxe” de cette phase : les muscles sont paralysés, la température et le rythme cardiaque déréglés, les yeux s’agitent, le cerveau chauffe… Les scientifiques ne savent pas encore si la girafe rêve d’atteindre le ciel, la fourmi de congés payés, et les androïdes de moutons électriques ( Cf Blade runner). Mais l’otarie, elle, ne rêve pas en mer. Pour Oleg Lyamin, du delphinarium de Moscou, qui travaille avec Jérôme Siegel « l’hémisphère qui fonctionne suffit à garder le cerveau au chaud. » Cette particularité de l’otarie pourrait nous permettre de mieux comprendre ce processus de “rangement” et de rêves.  Mais au fait, une fois revenues à terre, à quoi rêvent les otaries ?