Interview 3 de Peter Wohlleben : Le secret de la vie ? L’entraide !

Cela fait des siècles qu’on se fourvoie avec la loi de la jungle et une image de la nature terrifiante. En fait, les animaux et les végétaux coopèrent beaucoup, c’est une règle de base que nous avons tendance à parfois oublier et qu’ils nous rappellent. Entretien avec Peter Wohlleben, auteur du best-seller « La vie secrète des animaux » (éd. Les Arènes).

Traduction et retranscription de Sabine Bernert :

“QUESTION 1 :
Il existe de nombreux exemples chez les animaux.
Par exemple les drosophiles bougent leurs pattes quand elles dorment. Peut-être pendant qu’elles rêvent. C’est ce que la science découvre.
Ces petites mouches peuvent rêver ?
Nous pouvons imaginer que peut-être des chiens, des chats, ou même, peut-être, des chevaux peuvent rêver. Car nous les voyons bouger leurs pattes, leurs jambes. Comme nous le faisons quand nous rêvons.
Mais des mouches ?
C’est cela qui est incroyable pour moi :  cela ne dépend pas de la taille de l’animal, ce qui se passe dans leur petite tête.
QUESTION 2 :
Je ne vois pas souvent des exemples d’amitié entre des espèces différentes. Parce que, Peut-être, je ne suis pas assez souvent dans la nature.
Je suis tous les jours sur le terrain. Mais même comme cela, il est difficile de découvrir des animaux sauvages qui veulent avoir des contacts avec nous, qui veulent communiquer avec nous.
Nous les regardons souvent comme si nous allions les voir dans un zoo ou dans un museum.
Ah, regardez c’est un corbeau, c’est une vache.
Mais ils communiquent avec nous et même cela, c’est difficile de s’en rendre compte.
Alors c’est encore plus difficile de détecter s’ils communiquent entre espèces différentes.
Mais il y a beaucoup d’exemples.
Par exemple les loups et les corbeaux coopèrent. Ils forment des liens d’amitié qui durent toute la vie.
Les baleines et les phoques s’entraident. Par exemple les baleines à bosse peuvent sauver des phoques qui sont attaqués par des orques.
Alors il y a énormément de choses à découvrir.
et le meilleur conseil que je puisse donner est “sortez, allez dans la forêt, et prenez votre temps”.
QUESTION 3 :
Je pense que pendant longtemps l’évolution a été comprise à tort comme la survie du plus fort.
Mais nous savons maintenant que la plupart des espèces coopèrent pour mieux survivre.
Je l’ai écris tout d’abord dans mon livre sur les arbres. Et la plupart des gens étaient surpris que même des arbres coopèrent et créent des communautés, comme le font à notre connaissance les loups, les orques ou de nombreuses autres espèces animales.
Alors la compétition n’est pas le moteur de l’évolution, c’est la coopération.
Nous savons également que pour notre société humaine, et comme nos politiciens devraient le savoir, même si de nos jours beaucoup de politiciens l’ont oublié, c’est bien là le principe de l’évolution.
C’est exactement la même chose pour les fourmis, les abeilles et la plupart des mammifères : ils coopèrent.
Et c’est bien là le vrai moteur de l’évolution.”