Intervenants de l’Université d’été 2016

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Gilles Bœuf – Ancien président du Muséum d’Histoire naturelle, conseiller Biodiversité auprès de Ségolène Royal

De l’animal à l’homme

gilles boeuf NeoplaneteMême s’il s’est persuadé de sa supériorité au cours des siècles, l’homme ne peut nier son animalité. Et aujourd’hui, il doit faire face à ses responsabilités face à l’univers animal et à la biodiversité. Seule condition pour que l’humain soit sapiens et puisse assurer son… bien être ! Un constat dont traitera Gilles Bœuf. Féru de recherches et d’enseignement, ce conseiller en biodiversité s’y connait. Après une thèse à la station de biologie marine d’Arcachon, il a travaillé pendant 20 ans pour l’IFREMER (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), puis pour l’UPMC (Université Pierre et Marie-Curie). Il compte à son actif des centaines de missions dans plus de 40 pays, notamment le Chili où il est resté 3 ans. C’est un spécialiste de physiologie environnementale et de biodiversité, notamment des poissons salmonidés. Il collectionne les casquettes : membre du conseil scientifique du Patrimoine naturel et de la biodiversité auprès du Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Energie, président du Conseil Scientifique du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), membre des Conseils d’Administration des aires marines protégées et d’Humanité et Biodiversité, mais aussi membre du Comité de perfectionnement du centre des sciences de la mer de Monaco.

Norin Chai – Vétérinaire en chef et directeur adjoint de la Ménagerie du Jardin des Plantes

Peut-on parler d’une seule intelligence ?

Norin ChaiSon école nationale vétérinaire d’Alfort à Maisons-Alfort (94) terminée et sa première thèse sur l’écologie et l’éthologie du léopard publiée, Norin Chai commence sa carrière en tant que directeur du parc national de Manda au sud-est du Tchad. Connu du grand public depuis la diffusion de la série documentaire L’arche de Norin, de Guillaume Lévis, en 2012, ce spécialiste des animaux est un véritable aventurier dans l’âme. De pays en pays, de forêt en forêt, il soigne les animaux sauvages, participe à la sauvegarde d’espèces menacées, intervient dans des parcs et des réserves naturelles et enquête sur le terrain.

Une aventure, un combat au quotidien qu’il relate dans son livre Jungle Doctor sorti en février 2016, aux éditions Larousse. En se basant sur ses observations et ses expériences, Norin Chai abordera la notion d’intelligence ; une simple question de sémantique ou bien un réel positionnement philosophique ? Davantage une question de degrés que de différence d’intelligence entre l’homme et l’animal, selon le célèbre vétérinaire.

Frédérique Pichard de l’Institut Dony pour un dialogue avec les dauphins

Les dauphins m’ont appris à parler avec les animaux

En 2004, la vie de Frédérique Pichard a changé. Alors qu’elle s’apprêtait à partir vivre en République dominicaine, la jeune femme a découvert Dony, un dauphin en mauvais point,  en Charente-Maritime, et se lie d’amitié avec celui-ci. La particularité de cet animal est son goût pour la liberté et la solitude. Il quitte souvent momentanément ou définitivement les siens. Pour Frédérique Pichard, le dauphin est l’ambassadeur du monde animal. Un mammifère extraordinaire qui, cherchant à entrer en communication avec l’Homme, est parfois menacé. Dans son livre Dauphins ambassadeurs, messagers de la mer, Frédérique Pichard parle de sa relation télépathique, intuitive et ultra-sensorielle avec Dony avec qui elle va nager régulièrement. Elle parlera de son expérience avec passion et explorera avec le public les secrets du dialogue entre l’Homme et la nature.

Pascal Picq – Paléoanthropologue – maître de conférences au Collège de France

Des animaux, des robots et des hommes

Pascal Picq NeoplaneteD’abord physicien, Pascal Picq s’est ensuite lancé dans la paléoanthropologie. Après une thèse à l’Université Paris VI, des études postdoctorales à l’Université Duke puis au Collège de France, il introduit l’éthologie dans le champ de l’anthropologie évolutionniste. S’ensuit une véritable réflexion sur la contribution de la paléoanthropologie aux enjeux de notre société ; que ce soit la laïcité, les diversités, le développement durable ou encore la santé.

Libéré des diktats humains selon lesquels l’intelligence animale n’existerait pas, le paléoanthropologue montrera comment les progrès en la matière, combinés à l’arrivée massive des robots, vont bouleverser notre quotidien.

 

Pierre Lavagne de Castellan – Bio-acousticien marin qui travaille avec les baleines

Le message est dans le chant

pierre lavagne de castellan credit NeoplanetePierre Lavagne de Castellan est un bio acousticien marin et fondateur du Shelltone Whale Project. Cette association joue, improvise, co-écrit, enregistre de la musique avec les baleines, analyse ces données et celles de bien d’autres espèces animales et végétales sur Terre. Pierre Lavagne de Castellan semble avoir vécu partout ; en Californie, en Floride, à Hawaï, à Saint-Domingue, en Espagne ou encore en Asie.

Il a passé plus de 30 années à plonger pour partir à la rencontre des grands animaux marins, notamment en Guadeloupe. Il a nagé avec les plus grands ; baleines, dauphins noirs, globicéphales, etc. Communication inter espèce avec les grands cétacés, le pourquoi du comment des chants des baleines, recherches du Shelltone Whale Project : voici quelques-uns des thèmes qui seront abordés par ce spécialiste des fonds marins.

 

Claudine André – Créatrice d’un refuge dédié à la sauvegarde des bonobos au Congo

Appel à la solidarité entre les espèces

claudine andre credit vanessawoods creative commons googleClaudine André ne s’est pas intéressée aux bonobos par hasard. Fille d’un vétérinaire, elle a grandi au Congo. Passionnée par l’art africain, elle tient d’abord une boutique de luxe. Finalement, alors qu’elle est volontaire au zoo de Kinshasa, elle prend sous son aile un bébé bonobo, Mikeno, qu’on dit condamné et parvient à le tirer des griffes de la mort.

Avocate pour la solidarité entre les espèces, elle lance un an après, en 1994, le sanctuaire des bonobos appelé Lola ya bonobo, qui sera installé en 2002 dans la vallée de la Lukaya, au sud de la capitale congolaise.

Aujourd’hui elle entretient son amour pour les grands singes, que ce soit dans son livre Une tendresse sauvage, aux éditions Calmann-Lévy, ou à travers son association Les Amis des Bonobos au Congo (A.B.C), dont elle est l’actuelle présidente. Elle travaille activement pour aider la compréhension mutuelle entre le bonobo et l’Homme, son cousin. Parallèlement, elle travaille à sensibiliser les populations locales à l’existence de ces primates. Contre les trafics et les maltraitances, pour l’éducation et le dialogue, Claudine André est l’interlocutrice de référence des institutions comme des citoyens en ce qui concerne les bonobos congolais.

Tarik Chekchak – Spécialiste du biomimétisme, directeur de Sciences & Environnement, The Cousteau Society, L’équipe Cousteau

tarik checkchak credit ceebiosBiomimétisme : apprendre de 3,8 milliards d’années de recherches et développements en durabilité !

Défendre et comprendre ; voilà comment pourraient être résumées les deux priorités de Tarik Chekchak. Spécialiste du biomimétisme, il cherche à dissiper l’opposition systématique de la technosphère et de la biosphère. En imitant la nature, ne peut-on pas respecter, voire célébrer notre interdépendance avec les autres espèces de la Terre ? S’inspirer de la nature, c’est apprendre de nos voisins et améliorer à la fois notre vie sans écourter la leur. Pour pouvoir imiter les autres êtres vivants, il faut en amont les protéger : c’est ce à quoi Tarik Chekchak s’engage lorsqu’il œuvre pour The Cousteau Society et l’Equipe Cousteau, deux organismes qui visent à explorer et à conserver les écosystèmes aquatiques à travers le monde. Des navires polaires aux salles de conférence, du laboratoire aux espaces côtiers, Tarik Chekchak est sur tous les fronts, mobilisé pour diffuser et apprendre de la richesse du vivant.