Vaches et moutons au secours de la SNCF

Les ruminants, une solution viable pour remplacer le glyphosate ?

La Commission européenne a adopté, le 12 décembre dernier, le texte renouvelant l’approbation du glyphosate pour cinq ans. Certainement un soulagement pour la SNCF qui en est le plus gros utilisateur en France. Désherber les voies est essentiel pour la performance et la sécurité du réseau. Et si les ruminants remplaçaient à terme le dangereux herbicide ? La SNCF mène des expérimentations avec des vaches et des moutons.

La SNCF consomme 30 tonnes de glyphosate par an 

La SNCF fait usage d’environ 30 tonnes de glyphosate par an pour désherber quelque 61.000 km de voies ferrées, peut-on lire dans le Huffingtonpost. Car une végétation envahissante risquent d’endommager les trains et de provoquer des accidents.

L’arrêt du glyphosate coûterait à la SNCF entre 350 et 500 millions d’euros pour entretenir le réseau. Actuellement, des trains “désherbeurs” circulent la nuit sur le réseau ferroviaire en aspergeant du glyphosate sur une surface estimée à 60.000 hectares, soit l’équivalent de plus de 85.000 terrains de football ! Un désastre écologique. Comment remplacer l’herbicide au meilleur coût ?

Trois à cinq ans pour trouver des alternatives

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) des Nations unies a classé l’herbicide « cancérigène probable pour l’homme ». Une raison supplémentaire pour Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, de limiter à trois ans l’autorisation du glyphosate. Le temps de trouver des solutions de remplacement. La décision européenne aboutit finalement à une reconduction pour cinq ans. La SNCF dispose donc de ce délai pour s’attaquer à un chantier colossale. 

Pour limiter la pousse des végétaux, l’entreprise essaie de varier les techniques, utilisant des véhicules de fauchage ou installant des bandes de tissu le long des voies. Elle mène également une quarantaine d’expérimentation d’éco-pâturage au niveau national.

Développer l’éco-pâturage 

En Auvergne, des vaches écossaises, les highlands, ont pour mission d’entretenir les terrains à proximité des voies. « En utilisant des vaches qui sont faites pour ce type de pâturage, ça nous permet de ne pas polluer, de ne pas faire de bruit, de ne pas utiliser d’essence ou de produits phytosanitaires » se réjouit Frédéric Chalencon, responsable technique SNCF Réseau, dans un reportage de TF1. Coup de com ou véritable solution ?

Les highlands sont des vaches rustiques habituées à vivre toute l’année au froid et sous la pluie. Elles ont l’intelligence de s’acclimater à toutes les situations ou presque. Et surtout, elles mangent de tout.

Les vaches écossaises sont taillées pour cette mission

« Elles préfèrent l’herbe mais elles se nourrissent également de lierre, de feuilles de ronce, de joncs, à peu près 80% des végétaux qu’elles vont trouver sur la parcelle » assure Guillaume Soudan, agriculteur de La highland team. Les agriculteurs souhaitent développer l’éco-pâturage pour la SNCF car ils bénéficient de parcelles supplémentaires gratuites. « Sur les terrains de la SNCF on trouve une herbe de qualité à profusion » ajoute-t-il.

Un nouveau métier pour le pastoralisme : le berger urbain

Un berger présent 24 heures sur 24 tous les jours, et une double clôture électrifiée assurent la sécurité de la trentaine de moutons qui entretient les voies et les talus de Dijon, nous apprend le site Reporterre. Ici, les moutons sont privilégiés car « les terrains pentus et proches des voies nécessitent des animaux calmes et paisibles, qui s’adaptent bien aux différentes situations », assure Louise Covemaeker, responsable du projet à Ecozoone, une société d’éco-pâturage. De nouveaux bergers urbains sont formés par Ecozoone. « Les bergers urbains sont des gens qui recherchent un retour aux sources et un certain contact avec les animaux, mais qui ne veulent pas non plus sacrifier leur vie citadine. C’est un bon compromis », explique-t-elle.

De nouveaux besoins de collaboration homme-animal 
Les partenariats entre sociétés de chemins de fer et éco-pâturage ont de l’avenir. Une pratique respectueuse de l’environnement et de la biodiversité qui souligne combien la collaboration homme-animal est fondamentale dans la reconquête d’un monde plus harmonieux. 

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