Cause animale : la présidentielle ne tombe pas encore pile poil

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80% des français sont sensibles à la cause animale et 39% se déclarent sensibles aux propositions des candidats sur le sujet*. Devenu la bête noire de nos politiques, ces derniers commencent à aborder le sujet du bout des lèvres. Si aucun ne réfléchit au sujet dans sa globalité de peur de contrer les lobbies et si leurs propositions restent vagues ou absentes de leurs programmes, certains s’avancent sur quelques points, non sans contradictions comme le souligne le site politique-animaux.fr  de L214 qui a  questionné les 11 candidats sur 30 sujets  touchant au bien-être animalPar ordre décroissant d’engagement :
 
– Jean Luc Mélenchon dénonce la 6ème extinction et s’engage à « éradiquer la maltraitance » envers les animaux. Il prône la réduction de la consommation de viande et considère que « les animaux ne sont pas des choses ». Il s’engage sur plusieurs terrains : opposition aux fermes-usines, aux élevages en batterie, à l’abattage sans étourdissement et à l’expérimentation animale. Autres engagements : inscription dans la Constitution du respect dû aux animauxpolitique nationale de stérilisation,  instauration du « dimanche sans chasse », et contrôle strict de la chasse, abolition de pratiques comme la vénerie sous terre ou la chasse à courre, mise en place d’alternatives végétariennes dans la restauration collective
 
– Benoit Hamon s’engage pour la fin des élevages industriels et pour un plan contre la maltraitance pour chaque « animal, en toutes circonstances et sans exception »  avec la création d’un comité national d’éthique pour les abattoirs. Il veut développer les méthodes de remplacement à l’expérimentation animale et s’oppose à certaines formes de chasse cruelle. Autres réformes : disparition progressive de la détention des animaux dans les cirques, politique nationale de stérilisation, réflexion sur des alternatives au gavage, option végétarienne dans les cantines.
 
– Marine Le Pen veut faire de la protection animale « une priorité nationale » et créer une « diplomatie écologique ». Elle prône plusieurs mesures:  interdiction de l’élevage en cage et de l’abattage sans étourdissement, renforcement de la protection des lanceurs d’alerte, développement des alternatives à l’expérimentation animale, fermeture des fermes à fourrure, opposition aux fermes-usines et ouverture d’un débat au Parlement sur la corrida. Elle soutient cependant le gavage. Elle considère que les chasseurs sont les « premiers écologistes », les mettra « au centre des politiques environnementales » et qualifie de « parasitaire » la reconnaissance de la sensibilité des animaux.
 
– Emmanuel Macron mettra en place un plan de transition agricole prenant en compte le bien-être animal et protègera les animaux sauvages. Il remet en cause l’élevage de poules en batterie mais veut développer l’élevage intensif. Contre l’étourdissement et favorable à la chasse, il a promis de ne pas « étendre » le droit des animaux et veut réouvrir  les chasses présidentielles. 
 
– François Fillion entend faire de la protection animale une « cause nationale » : renforcement du contrôle des abattoirs et interdiction d’abattage sans étourdissement, protection des pollinisateurs et limitation de la pêche intensive. Les chasseurs prendraient une place importante dans la police de l’environnement et bénéficieraient d’un plus grande liberté par une volonté de lutter contre les directives européennes protégeant les oiseaux sauvages. Soutient le gavage, la corrida, l’intervention des chasseurs dans les écoles.
 
D’autres infos ainsi que les engagements des « petits » candidats : https://www.politique-animaux.fr/presidentielle-2017
 
*sondage IFOP/AnimalPolitique, mars 2017